En temps ordinaire j’attends que les séries soient finies de diffuser. Mais avec Westworld, j’avoue, j’étais curieux. A cela s’ajoute du vieux, avec Castle, et un Far Cry 4 vraiment pas si gouteux que ça.

(Temps de lecture estimé : 3 minutes.)

Ça va paraître sévère, mais je doute que me lancer dans Far Cry 4 ait été une bonne idée. Comme j’avais apprécié Far Cry 3, je me suis dit : pourquoi pas. Les débuts s’annonçaient certainement jolis ; je me réjouissais, en cela, de pouvoir profiter de ma nouvelle carte graphique. Et puis les choses se sont corsées. Gameplay pas très extasiant, répétitivité – certes escomptée, IA frustrante (un impondérable de la série). Je me suis soudain rappelé que j’avais eu des difficultés à finir le 3. Mince. A croire que jouer l’idiot du village qui obtempère et tue sans se poser de questions, ça ne marche qu’une fois.

Far Cry, à bien des niveaux, c’est la victoire de la forme sur le fond. L’emballage est léché, mais on tourne vite en rond. L’histoire, un bien grand mot, peine à nous maintenir en haleine, et ne se cache même pas d’être un prétexte. Les emprunts à la culture indienne sont parfois intriguant (Shangri-La), mais aussi trop dédaigneux pour être respectables (améliore ton karma, t’auras des réducs sur les armes). Le jeu a aussi cette manie de vous présenter des choix faussement cornéliens, ou vous devez pour ainsi dire décider de l’avenir de la région, pour mieux vous culpabiliser de ne pas avoir fait le choix inverse juste derrière. Comment vous dire poliment : vous me faites chier. C’est tragique, mais plus le jeu cherche à m’impliquer, moins je me sens de l’être.

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Intéressante série que Westworld. Parler futur avec du western est un approche que je n’aurais pas soupçonné, mais qui fait sens. S’ils en avaient la possibilité, les gens revisiteraient sans hésiter ces moments phare du passé. Le western, ici, sert un but symbolique, la réminiscence d’une époque fantasmée où tout était à faire (note : la série originale est sortie en plein dans le boom cinématographique des année 70) mais aussi contextuel bien précis. Il dessine, en cela, un monde manichéen, brutal et impulsif, crâneur et audacieux, où les rôles sont clairement répartis. Choisissez cowboys, ou hors-la-loi. Profitez des saloons, des filles de joie. Tuez ou ne tuez pas quelques natifs. Faites, en somme, ce que vous souhaitez. En vacances, l’acheteur est roi.

Quoi de mieux, pour y croire, pour raconter une histoire à partir de rien, que des figurines en plastique à l’image de l’homme. Des IA, construites et programmées pour exécuter un scénario précis, un « narratif ». Des « PNJ » sans mémoire, conçus pour oublier même les pires sévices. Mais qui, dans leur pire travers sembleraient presque… être. C’est entendu, Westworld est une série qui tacle la question de l’âme et de la création à l’image de l’homme. Mais c’est surtout une série qui met en scène la noirceur de l’Homme, sa part vile de méconnu, d’insoupçonné. Placez-le dans un monde fictif, enlevez toutes formes de conséquences, et observez ses pires penchants prendre le dessus. Westworld demande : qui somme-nous, et de quoi serions-nous réellement capables ?

(Saison 1 en cours de diffusion au moment de l’écriture de ce texte. Sélection, donc, sous réserve que la série ne s’écrase pas dans le mur.)

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Castle est une série que je connaissais de longue date, parce que diffusée en France depuis plusieurs années. Je n’avais jamais songé à la regarder sérieusement (entendez du début) par le passé. Un peu à l’image de The Mentalist, une série avec laquelle elle partage bien des similarités, que j’ai vu depuis en intégralité. C’est au travers d’un épisode spécial Noël que j’avais apprécié l’an passé que je me suis découvert cette possibilité. Une saison et demi plus tard, le résultat est celui que l’on pouvait attendre : c’est pas trop mal, mais pas délirant. Je m’en suis peut-être lassé un peu plus vite que prévu, mais il y a de bonnes chances que je retombe dessus en cas de secours.

Un des plaisirs qu’il y a à regarder des séries au long cours, c’est cette routine qu’elles procurent. Se dire qu’il restera sept, six ou cinq saisons à regarder quoi qu’il arrive a quelque chose d’éminemment réconfortant. Ce qui se fait, effectivement, au prix d’une certaine originalité. Les séries policières, bardées de poncifs, étant certainement les plus à mêmes de souffrir de la routine. Castle n’y fait hélas pas exception.