Des petits jeux, une petite série. De quoi s’occuper, mais avec intérêt, avec curiosité, à l’orée de ma Playstation 4 nouvelle, et des jeux beaux et nouveaux.

Premier sentiment, en jouant à Daxter (2006) : comme ils sont loin, les beaux jours de la plate-forme. Ce « genre » à redéfinir, qui fut naguère l’objet de toutes les attentions, lorsqu’il s’agissait encore de viser les plus jeunes avec des jeux d’aventure simple d’accès. Une vision déformée du public qui profitait à tous. Daxter ferait presque de la résistance, en 2006, après un Jak rebelle, devenu menaçant, un Jak qui s’arme, un Jak qui n’en peut plus ; un Jak bestial, en somme. Émulant, tant bien que mal, sur une PSP trop petite pour l’exercice, cet apparat des jeux colorés et enchanteurs, au dépaysement et à l’humour omniprésents. Le tableau, presque sans faute, dévoile un jeu charmant doté d’une réalisation impressionnante, qui flirte à l’excès avec les limites de la console. En découlent des ralentissements fréquents et pas mal de recyclage de niveaux ; en sus d’un système de checkpoints irritant. Si le jeu frôle, de peu, le statut de petite pépite, j’ai aussi remarqué être moins disposé à déambuler sans rien faire. Les jeux changent, les goûts évoluent.

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Nanashi no Game (2008) est un jeu, le moins qu’on puisse dire, étrange. Autant dans l’objet, un conte horrifique reposant sur une légende urbaine, que dans la façon de jouer, DS dans le sens verticale, progressant à la première personne. L’histoire, en fait, allie technologie et fantastique, et donne existence à la DS elle-même, ou plutôt la « TS », qui est ici le biais de propagation d’une mystérieuse malédiction. Face au concept, qui est somme toute accrocheur, et la fascination de plonger son regard dans les deux écrans de la console, qui opèrent comme deux fenêtres, j’ai trouvé le jeu assez inégal. L’ambiance, écouteurs dans les oreilles, est dans l’ensemble assez réussie, et les bruitages perturbants. Mais certains aspects du jeu sont vraiment cheap et peu imaginatifs. Telle que la prévisibilité de l’IA.  Ou cette mauvaise idée qu’ont eu les concepteurs de placer un revenant à proximité immédiate de certaine porte. Ce qui contribue moins à la peur qu’à la frustration de mourir sans avoir eu le temps de comprendre, pour mieux réapparaître au début de la zone.

Faire peur sur DS n’est pas une mince affaire. Cela étant, face à un Dementium : L’Asile (2007) que j’avais trouvé à l’époque bien misérable, Nanashi accomplit davantage, et avec beaucoup plus de succès, tout en se payant le luxe de faire dans le référentiel. Le jeu maudit offre certainement un frappant contraste entre RPG retro coloré et jeu d’ambiance morbide. Sa mise en abîme soulève par ailleurs, sans trop de finesse, la question du développement de jeu, et le sacrifice de la vie de famille que les développeurs sont parfois amenés à faire. Elle est peut-être là, la vraie malédiction.

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La fin du monde a le vent en poupe. The Last Man on Earth, en ce qui le concerne, repose sur un principe : Phil Miller, un homme d’une trentaine d’année, est le seul survivant d’un virus qui a emporté, semble-t-il, toute l’humanité. L’aspect humoristique de la chose étant que Phil est loin d’être un être extraordinaire, qui a survécu grâce à ses qualités personnelles. Il est au contraire un être un peu crasse, pour ne pas dire une loque. En somme il est quelqu’un de très décevant, pour un survivant. D’ailleurs, sitôt son voyage terminé il s’installe à Tucson, sa ville natale, et s’abandonne aux pires habitudes. A quoi bon ? pense-t-il, en l’absence de qui que ce soit pour le sermonner.

On le devine, le scénario met très vite fin à ce pieux mensonge du dernier survivant, en injectant le personnage de Carol, une femme pour le moins maniaque qui tient à ce qu’on mette sa ceinture de sécurité, peu importe qu’ils soient les seuls survivants. Au final, bien que cette fin d’un monde reste une toile de fond qui génère divers problématiques pratiques (eau, électricité…), la série fait de la confrontation des caractères et des frictions entre les personnages son va-tout. Problème : Phil finit par être un personnage un lourdingue et l’humour est gras, pataud. Telle que je me la figure, The Last Man on Earth est une série dont le postulat de départ dévoilait du potentiel, mais dont l’écriture s’avère excessivement pipi caca.
(Avis basé sur la saison 1.)