OK, j’avoue : j’ai joué à des trucs et j’en ai pas parlé plus tôt. C’est juste que… euh… j’avais un bras dans le plâtre. Voilà. J’avais un bras dans le plâtre, et quand on a un bras dans le plâtre on peut ni écrire, ni manger, ni se tor… ‘fin vous me suivez.

(Temps de lecture estimé : 3 minutes.)

Nier est un jeu qui m’a quelque peu pris au dépourvu, je dois l’avouer. Planter des melons n’étant pas généralement le type d’activité que je m’attends à réaliser dans un jeu où les combats ont place centrale. Après les débuts, je pensais en effet « beat’em all », mais la structure éclatée (monde ouvert, quêtes) le rapproche en fait des jeux d’aventures, à l’instar de Zelda – qui hérite d’ailleurs d’un clin d’œil explicite (via le roi de Façade). J’ai également trouvé que les combats manquent d’un peu de pêche, mais de la même manière on n’est pas là pour exploser le compteur à combo, plutôt pour combattre avec prudence. Je réalise, en fait, ne pas avoir complètement cerné le jeu. Ce qui explique pourquoi je ne suis pas encore complètement acquis à sa cause. Nier est, je crois, un de ces titres ou il faut partir à la découverte pour en mesurer les extrêmes – des quêtes les plus bassement viles – distribuer le courrier à une vieille dame – aux dangers les plus importants. Je présume n’en être que sur le début. Mais je me laisse, déjà, volontiers porter par une bande originale somptueuse comme un rien intimidante.

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Shadow Complex Remastered, quelques sept années après sa sortie (l’original est sorti en 2009 – le remaster en 2015), s’est révélé être un metroidvania plutôt solide. A côté des doublages hilarants, et du scénario à deux ronds, qui n’étaient en rien nécessaires, le titre de Epic Games dévoile un gameplay de bonne facture, aux animations réussies, et des combats distrayants, bien qu’un rien aisés. Le cœur du jeu reposant, comme c’est entendu, sur la pléthore de gadget qu’on débloque progressivement. J’ai néanmoins trouvé le résultat un rien faignant, et la proximité avec les Metroid en 2D presque trop évidente. A de rares originalités près (un système d’expérience et une direction artistique militarisée), les développeurs n’ont donc pas pris énormément de risque. Le résultat n’en demeure pas moins, dirons-nous, « authentique », pour les fans du genre. Le remaster, lui, n’accomplit pas de miracles, autre que de le rendre accessible sur PC. La netteté s’en trouve amélioré mais on sent que le jeu est sorti une génération plus tôt. Non pas que le genre ait jamais reposé sur la qualité des graphismes de toute façon.

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En parallèle de tout ça, l’aventure Skyforge se poursuit « secrètement ». Cela fait un mois et demi désormais que j’y joue régulièrement. C’est en fait à la suite de mon exploration estivale de MMO en tous genres que j’avais remis le pied à l’étrier, comme pour m’assurer ne rien avoir raté. Et pouf, quelques semaines plus tard. Pour combien de temps, en revanche, rien n’est moins sûr, l’arrivée fracassante de l’extension Ascension changeant une bonne partie du jeu – et pas nécessairement en mieux. Sensé « simplifier » le jeu, et limiter les mauvais choix en matière de personnalisation de personnage (pouvoir faire une erreur ? Oh, quelle horreur), cette refonte tape également dur sur la structure du jeu, et les possibilités de progression. Bref, être un dieu, c’est cool. Être le dieu de la compta ? Moins cool.

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Très bonne surprise que ce You, Me, and the Apocalypse. Cette série américano-brittanique, à l’accent donc prononcé, dévoile un postulat succulent : faire de l’humour sur la thème de la fin du monde. Point de spoiler ici : il s’agit en effet du parti pris par la série dès le générique de début, et assumé tout le long de cette première saison. Chaque épisode est l’occasion d’un flashback, en vue d’introduire les différents protagonistes tout d’abord, puis de faire progressivement le lien. Le procédé, qui peut s’avérer un peu frustrant et répétitif, fonctionne décemment, la trame s’accélérant pour notre plus grand plaisir vers le milieu de saison. Les personnages, colorés, sont dans l’ensemble assez attachants, et l’interprétation de qualité. On rit devant les dialogues et les malheurs surréaliste du personnage central, Jamie, qui va de mal en pis au fil des épisodes. Dans le cast, les plus affûtés reconnaîtront certainement Megan Mullally (Will et Grace, Breaking In, et de nombreuses autres apparitions), en la personne de la très distinguée Leanne, qui fait ici des merveilles, mais aussi Rob Lowe, qu’on connaissait déjà pour The Grinder. Le résultat est au final très convaincant, et offre une alternative un rien caustique, parce que so british, au thème très en vogue de la catastrophe. Ce qui signifie se moquer aussi bien des arcanes de l’église que de la famille, ô combien dysfonctionnante. Hélas, la série, qui avait préparé le terrain avec un cliffhanger tout en élégance, ne connaîtra pas de suite. La question qui s’impose naturellement étant : vaut-il néanmoins le coup de la regarder ? La réponse est oui. You, Me, and the Apocalypse propose une série suffisamment truculente et irrévérencieuse pour mériter le détour.

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