Chroniques, Le 17

Le 17 : vieux machins, nouveaux trucs #2

Mon intérêt pour les jeux poussiéreux se confirme. Le 17 juillet dernier, je causais vieux trucs. J’ai depuis continué à combler les trous de ma modeste collection, qui se constitue très laborieusement. Laquelle est néanmoins listée de manière semi-exhaustive, ce qui est un grand progrès. Je navigue encore en eaux Playstation, Playstation 2, GameCube, ou Dreamcast. J’ai pu acquérir Power Stone, Crazy Taxi, Grandia II, et suis en passe d’en acheter quelques autres. Normalement. Plus récemment, je me suis aussi mis à lorgner du côté de la Gameboy Advance – une console que je n’ai jamais tenu dans les mains (le premier Game Boy et le Gameboy Color, oui). Il y aurait de beaux jeux à y faire. Ces derniers mois ayant démontré que la portabilité se mêle mieux à la parentalité que les grands écrans fixes.

Chroniques, Le 17

Le 17 : j’ai une équipe de fantasy basket

J’ai, depuis peu, une équipe de fantasy basket. L’écrire en ces mots rend la chose d’autant plus surréaliste. Mais, curieusement, je me fais doucement à la chose. D’ailleurs, pourquoi pas ! Après tout, j’ai toujours été assez éclectique, appréciant dévier du chemin principal pour parcourir les genres, explorer les territoires. Quitte à me retrouver, par moment, sur un sentier paumé, ou un jeu désuet. Oh, bien sûr, il y a des étapes. On ne se réveille pas le matin, les orbites encore profondément enfoui dans le visage, en se disant : « Il me faut une équipe de fantasy basket ». Non, ça non. Il y a des étapes…

Chroniques, Le 17

Le 17 : en 2021, je rempile

Cela fait un an, jour pour jour, que j’ai débuté l’écriture de cette chronique. Écrire ces textes, une année durant, s’est révélé intéressant. L’idée, alors toute simple, des 17, était de stimuler l’écriture par la contrainte en installant un rythme d’écriture. Ce qui s’avéra à la fois très simple – n’ayant pas d’autres contrainte que le jour de publication, et très compliqué – de tels écarts entre deux textes pouvant heurter, paradoxalement, l’organisation et la stimulation de l’écrit. Pourtant, le 17 est vite devenu un jour clé, y compris à la maison. Je me suis vu, chaque mois, entrevoir cette nécessaire rencontre avec moi-même. Qu’allais-je bien pouvoir raconter ? A quoi avais-joué ? Que dire de plus que je n’avais déjà dit au fil des ans ?

Chroniques, Le 17

Le 17 : j’ai le mot fin

« (…) Et c’est tout le problème de cette idée de fin : on s’y condamne, on ne supporte pas de la devancer, comme si elle devait forcément s’imposer, nous guider. Mais pourquoi la fin est-elle toujours vue comme notre but à atteindre coûte que coûte et pas comme un simple moment, une petite rupture salutaire, un arrêt choisi ? Et si on tentait d’en finir avec cette idée de grande fin, d’en finir avant la fin ? »

https://www.franceculture.fr/emissions/carnet-de-philo/carnet-de-philo-du-mercredi-09-decembre-2020

L’idée de la fin m’a souvent tiraillé. Tantôt pressé de la voir arriver, tantôt redoutée, je n’ai jamais su me placer par rapport à cet arrêt soudain. D’un jeu sur l’autre, ou même d’une œuvre à l’autre, la fin est un moment qui m’embarrasse. Parce qu’elle est nécessairement abrupte, ce bien qu’elle soit discernable et préparée en amont; et parce qu’elle est un appel parfois plus fort encore que l’œuvre elle-même. Et, paradoxalement, plus je suis pressé d’en finir, moins je choisis d’arrêter en cours de jeu. Il m’en faut beaucoup, ou à l’inverse vraiment trop peu, pour cesser en cours de route.

A dire vrai, les jeux que je n’ai pas finis me pèsent plus qu’ils ne le devraient. Je sais lesquels. Je ne sais, en revanche, pas toujours pourquoi. Désintérêt ? Lassitude ? Concurrence des titres ? Changement d’humeur ? Manque de pugnacité ? Durée trop longue ? Les raisons sont variées. On les puise autant dans le joueur, dans le jeu, que dans leur relation. Cette alchimie plus ou moins réussie suffit à faire subsister les jeux les plus longs sans qu’ils n’y paraissent. Ou, inversement, rend les jeux les plus courts interminables. La sensation du temps qui passe est, dès lors, très relative.

Idéalement, quand les yeux ne pétillent plus, il vaudrait mieux en finir. C’est, en tout cas, ce à quoi je voudrais m’astreindre. Cesser de passer du temps quand l’envie ou la passion n’est plus là. Choisir mes propres fins. Est un idéal vers lequel je veux tendre. Mais finir, c’est à dire en voir la fin prévue, a toujours été un tel soulagement pour moi. Longtemps, cela m’a donné l’impression d’accomplir quelque chose. D’être aller au bout. De quoi, d’ailleurs ? Du jeu, ou de moi ? N’ai-je pas, sans le vouloir, corrompu, ou à défaut dérobé, cette idée de fin ? Qui n’est, dès lors, plus le fin mot de l’histoire, mais l’assouvissement d’une pulsion, d’une envie obsessionnelle et insensée.

Je ne compte plus le nombre de fois ou je suis allé au fond d’une grotte en sachant pertinemment que rien s’y trouve (Ah ! Mais heureusement pas dans la vraie vie), quitte à repartir bredouille. Quoi que, pas si bredouille. Il peut être satisfaisant d’inspecter les moindres recoins, de les voir se dessiner sur la carte, ou bien dans la tête. Même vides, ces extrémités des coins de pièce, ces culs-de-sac et ces pièces dégarnies peuvent nourrir l’esprit. Savoir, après l’avoir vérifié, qu’il n’y a rien à y faire, rien à y trouver, donne mérite à notre venue. C’est peut-être bien ça, dont il s’agit finalement. De l’idée de savoir. Plutôt que celle de ne pas savoir. D’ignorer la suite. De laisser courir l’incertitude.

Chroniques, Le 17

Le 17 : je tends l’oreille

Pause. Je tends l’oreille. Je soulève le casque, pour m’en assurer. Était-ce un léger gloussement, un raclement, une complainte, une toux, un crissement aigu, une régurgitation, un mouvement du sommeil ? L’ai-je imaginé ? Je ne suis plus sûr. Tout semble calme. Je remets le casque, à l’affût du prochain bruit qui viendrait à descendre. Le son, déjà au plus bas, ne me parvient que dans l’oreille droite, de toute façon. L’installation, sommaire, évite qu’il ne se disperse, et me permet de jouer un peu en fin de soirée.

A cette heure, la maison est éteinte. Tous, hormis moi, sont couchés. Le petit dernier, d’un mois tout juste, glapit dans un lit neuf fois plus grand que lui. Dans le mien, mes pieds atteignent le bout. Différentes échelles. A l’heure que nous sommes, mon rôle est de tenir « le premier quart », tandis que ma compagne se repose. Ce qui signifie prêter l’oreille à la diversité des bruits qui peuvent s’échapper d’un nourrisson. Interpréter les « Agu », les « Creeeu », les « Uiiii ». En deviner l’état. Vient-il de se réveiller ? Bruite-il en dormant ? Le phénomène est-il progressif, voire exponentiel ? Ou en voie de s’amenuiser ? Faut-il intervenir prestement ? Mes qualités déductives sont testées.

Face à moi, la télévision est transis. Bénisse le mode pause. Derrière l’écran figé, Dante patiente. Dmc: Devil May Cry Dmc (2013) n’était pas le meilleur choix, étant donné les circonstances. Mais il me fallait bouger en vain, après la fantastique expérience 13 Sentinels : Aegis Rim (2020). Presser des boutons au hasard en espérant faire une combinaison me paraissait satisfaire à l’exigence. Et je préfère me réserver Bayonetta 2 pour plus tard. Il n’empêche, je joue. Même si ce n’est qu’une heure, parfois moins, j’ai ce moment solitaire d’amusement, de dépaysement vigilant, d’attention parentale ludique. Qui contribue à la traversée des journées de travail maussades.

Avoir son enfant dans les bras, de retour du travail, est sans équivalent. Lui faire des bises, observer ses mimiques, ses sourires accidentelles, et ses déformations contrariées du visage. Les journées, bien que déjà lourdes, s’en trouvent immédiatement allégées. L’aberration des administrations qui périclitent n’a plus guère d’importance : je survole. Pourtant, il faut bien, quand je le puis, ce court instant de culture. Dans les livres, les journaux, les séries, les jeux. Une culture qu’on dit non essentiel, mais qui nourrit elle aussi l’esprit, d’imagination, de savoir et de rires. Une culture que je m’imagine déjà partager avec lui. Lui qui ne devine rien de tout cela. Lui qui vient à peine de trouver ses pieds.

Chroniques, Le 17

Le 31 octobre, faute de 17 : des vies en plus

Le 18 octobre, un petit bout d’homme est arrivé. Autrement dit : je suis devenu père. Ma vie et mon quotidien se sont par là-même durablement transformés. J’attends ou j’ai attendu, parfois sans sommeil, après ses besoins, que j’apprends jour après jour à décrypter. Je souhaite de tout cœur veiller sur lui. Pour cette raison, je n’entend pas faire le sacrifice des temps partagés. Mon « temps à moi », si il est toujours primordial, s’est donc amenuisé. En attendant les nuits. Être en congé paternité m’a en tout cas donné le temps de me trouver, puis de me retrouver. Pour mieux poser les premières briques de cette famille renouvelée.

Depuis les premiers jours, ou j’étais si épuisé que je ne sentais plus même la fatigue, j’y vois un peu mieux. J’entrevois même jouer, souvent en fin de journée, avachi sur le canapé. Il m’arrive de me réveiller en sursaut après m’être installé trop confortablement, le pad resté à mes côtés, mais la console éteinte. L’ange de la technologie est passé par là. Je continue en tout cas doucement, mais sûrement, le fantastique 13 Sentinels : Aegis Rim, qui se laisse entrevoir. Yakuza 4 devra patienter encore un moment.

Halloween, ce soir. C’est chaque fois l’occasion de se plonger dans des ambiances. De mettre de la décoration. J’ai acquis des titres à thème ; j’espère avoir l’occasion de les lancer dans les prochains jours. Je réfléchis à des possibilités de repas, de films. Hier, en apéritif, nous avons regardé un épisode de Ghosts (2019), une série britannique humoristique qui voie de nouveaux occupants emménager dans une maison hantée. Rigolote. En film, en revanche, je ne sais guère si nous aurons le temps. Pour beaucoup de choses, d’ailleurs. L’an dernier, nous avions (enfin) vu le classique de La Nuit des Morts-Vivants (1968) et (re)vu Beetlejuice (1988). Cette année, je pensais à Dernier train pour Busan (2016), Les Griffes de la Nuit (1984), ou Sleepy Hollow (1999). Mais je crois qu’il va nous falloir partie remettre.

Je ne sais ce qu’il adviendra. En ces temps morose et incertains, il peut être difficile de savourer les petits bonheurs, faute de pouvoir les partager. Pour autant, je vais continuer à me concentrer sur ce qui en vaut la peine, et mettre tout le reste de côté. Pour les jeux (et pour le reste) : je continuerai donc d’écrire. Retards assumés. Pour les parties avec le petit, par contre, va falloir attendre encore un peu.