Chroniques, Le 17

Le 17 : je les attrape tous

La cartouche de Pokémon Soleil chauffe. Près de 23 ans après Pokémon Rouge, je les capture tous à nouveau. Des Picassaut, des Manglouton, des Magnéti, des Nosferapti. Rien ne résiste à la balle. Des noms étranges, qui me ramènent en CM2, et à ce jour ou je dessinais mon premier mot-valise, un Chapeintre. Ou bien était-ce un Serpantoufle… Le temps est passé.

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Le 17 : vieux machins, nouveaux trucs #2

Mon intérêt pour les jeux poussiéreux se confirme. Le 17 juillet dernier, je causais vieux trucs. J’ai depuis continué à combler les trous de ma modeste collection, qui se constitue très laborieusement. Laquelle est néanmoins listée de manière semi-exhaustive, ce qui est un grand progrès. Je navigue encore en eaux Playstation, Playstation 2, GameCube, ou Dreamcast. J’ai pu acquérir Power Stone, Crazy Taxi, Grandia II, et suis en passe d’en acheter quelques autres. Normalement. Plus récemment, je me suis aussi mis à lorgner du côté de la Gameboy Advance – une console que je n’ai jamais tenu dans les mains (le premier Game Boy et le Gameboy Color, oui). Il y aurait de beaux jeux à y faire. Ces derniers mois ayant démontré que la portabilité se mêle mieux à la parentalité que les grands écrans fixes.

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Le 17 : j’ai une équipe de fantasy basket

J’ai, depuis peu, une équipe de fantasy basket. L’écrire en ces mots rend la chose d’autant plus surréaliste. Mais, curieusement, je me fais doucement à la chose. D’ailleurs, pourquoi pas ! Après tout, j’ai toujours été assez éclectique, appréciant dévier du chemin principal pour parcourir les genres, explorer les territoires. Quitte à me retrouver, par moment, sur un sentier paumé, ou un jeu désuet. Oh, bien sûr, il y a des étapes. On ne se réveille pas le matin, les orbites encore profondément enfoui dans le visage, en se disant : « Il me faut une équipe de fantasy basket ». Non, ça non. Il y a des étapes…

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Le 17 : en 2021, je rempile

Cela fait un an, jour pour jour, que j’ai débuté l’écriture de cette chronique. Écrire ces textes, une année durant, s’est révélé intéressant. L’idée, alors toute simple, des 17, était de stimuler l’écriture par la contrainte en installant un rythme d’écriture. Ce qui s’avéra à la fois très simple – n’ayant pas d’autres contrainte que le jour de publication, et très compliqué – de tels écarts entre deux textes pouvant heurter, paradoxalement, l’organisation et la stimulation de l’écrit. Pourtant, le 17 est vite devenu un jour clé, y compris à la maison. Je me suis vu, chaque mois, entrevoir cette nécessaire rencontre avec moi-même. Qu’allais-je bien pouvoir raconter ? A quoi avais-joué ? Que dire de plus que je n’avais déjà dit au fil des ans ?

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Le 17 : j’ai le mot fin

« (…) Et c’est tout le problème de cette idée de fin : on s’y condamne, on ne supporte pas de la devancer, comme si elle devait forcément s’imposer, nous guider. Mais pourquoi la fin est-elle toujours vue comme notre but à atteindre coûte que coûte et pas comme un simple moment, une petite rupture salutaire, un arrêt choisi ? Et si on tentait d’en finir avec cette idée de grande fin, d’en finir avant la fin ? »

https://www.franceculture.fr/emissions/carnet-de-philo/carnet-de-philo-du-mercredi-09-decembre-2020

L’idée de la fin m’a souvent tiraillé. Tantôt pressé de la voir arriver, tantôt redoutée, je n’ai jamais su me placer par rapport à cet arrêt soudain. D’un jeu sur l’autre, ou même d’une œuvre à l’autre, la fin est un moment qui m’embarrasse. Parce qu’elle est nécessairement abrupte, ce bien qu’elle soit discernable et préparée en amont; et parce qu’elle est un appel parfois plus fort encore que l’œuvre elle-même. Et, paradoxalement, plus je suis pressé d’en finir, moins je choisis d’arrêter en cours de jeu. Il m’en faut beaucoup, ou à l’inverse vraiment trop peu, pour cesser en cours de route.

A dire vrai, les jeux que je n’ai pas finis me pèsent plus qu’ils ne le devraient. Je sais lesquels. Je ne sais, en revanche, pas toujours pourquoi. Désintérêt ? Lassitude ? Concurrence des titres ? Changement d’humeur ? Manque de pugnacité ? Durée trop longue ? Les raisons sont variées. On les puise autant dans le joueur, dans le jeu, que dans leur relation. Cette alchimie plus ou moins réussie suffit à faire subsister les jeux les plus longs sans qu’ils n’y paraissent. Ou, inversement, rend les jeux les plus courts interminables. La sensation du temps qui passe est, dès lors, très relative.

Idéalement, quand les yeux ne pétillent plus, il vaudrait mieux en finir. C’est, en tout cas, ce à quoi je voudrais m’astreindre. Cesser de passer du temps quand l’envie ou la passion n’est plus là. Choisir mes propres fins. Est un idéal vers lequel je veux tendre. Mais finir, c’est à dire en voir la fin prévue, a toujours été un tel soulagement pour moi. Longtemps, cela m’a donné l’impression d’accomplir quelque chose. D’être aller au bout. De quoi, d’ailleurs ? Du jeu, ou de moi ? N’ai-je pas, sans le vouloir, corrompu, ou à défaut dérobé, cette idée de fin ? Qui n’est, dès lors, plus le fin mot de l’histoire, mais l’assouvissement d’une pulsion, d’une envie obsessionnelle et insensée.

Je ne compte plus le nombre de fois ou je suis allé au fond d’une grotte en sachant pertinemment que rien s’y trouve (Ah ! Mais heureusement pas dans la vraie vie), quitte à repartir bredouille. Quoi que, pas si bredouille. Il peut être satisfaisant d’inspecter les moindres recoins, de les voir se dessiner sur la carte, ou bien dans la tête. Même vides, ces extrémités des coins de pièce, ces culs-de-sac et ces pièces dégarnies peuvent nourrir l’esprit. Savoir, après l’avoir vérifié, qu’il n’y a rien à y faire, rien à y trouver, donne mérite à notre venue. C’est peut-être bien ça, dont il s’agit finalement. De l’idée de savoir. Plutôt que celle de ne pas savoir. D’ignorer la suite. De laisser courir l’incertitude.