C’est l’été. Il fait beau (~). Quel meilleur moment pour rester sur son PC et tester tout plein de jeu. Pour ces brèves un peu particulière, je fais la revue de MMOs très différents (et de leur monétisation), à savoir : Path of Exile, Marvel Heroes 2016, Devilian, Armored Warfare, Skyforge, Tera et HeroWarz !

Path of Exile

C’est le jeu qui a initié le mouvement. En recherche d’un jeu similaire à Diablo 3, j’ai cherché des alternatives, au rang desquelles Path of Exile apparaît régulièrement comme un choix solide. Le fait est que je m’y étais déjà essayé par le passé (Sorcière) et que je n’avais pas accroché, à l’esthétique gris-gris Diablo 2-esque notamment, au chara-design, ainsi qu’à l’absence d’une véritable création de personnages, qui sont par ailleurs limités à six – un septième étant déblocable par la suite. A noter qu’en dépit de mon manque d’intérêt, Path of Exile semble être un très bon jeu.

Path of Exile est-il pay to win ? Non.

Je n’ai pas beaucoup joué mais je n’ai pas ressenti de limites, et l’avis général s’accorde à dire que Path of Exile n’a pas d’éléments pay to win.

Avis final : un bon jeu, mais pas tellement ma tasse de thé

 

Marvel Heroes

Un jeu que je connaissais déjà plutôt bien. Similairement à Path of Exile, Marvel Heroes se présente sous la forme d’un diablo-like. La thématique donne en revanche place aux super héros, comme son nom l’indique, ce qui signifie une tripotée de personnages, des plus iconiques (Wolverine, Storm, Thor, Dr Doom) aux moins impressionnants (Ant-Man). Plus de cent au total, une fine portion étant disponible de base. Au delà de cet attrait-là, qui réjouira certainement les fans, le jeu s’avère plaisant à jouer. Super héros oblige, on passe la plus large partie de son temps à casser des gueules à la dizaine – et l’autre à trier son inventaire. Le plus : la base de joueurs semble plutôt saine, et les zones publique se font régulièrement le spectacle de joutes spectaculaire, pour ne pas dire limite illisibles, qui voient des dizaines de joueurs participer aux quêtes de zone. Marvel Heroes est un très bon jeu dans l’ensemble, si on met de côté le chapitrage de l’histoire, un rien confus, et le grind, prévalent.

Marvel Heroes est-il pay to win ? Non.

Un bon exemple, même. Seule la banque est limitée, l’inventaire étant lui conséquent (surtout si on lui ajoute celui du sidekick). On peut en outre librement changer de zone, remettre ses compétences à zéro et changer de héros – dans la limite de ceux débloqués/achetés. Comme dans la plupart des cas, il est néanmoins possible de payer pour progresser plus rapidement.

Avis final : fun mais très répétitif

 

Devilian

  • Genre : MMORPG classique
  • Date de sortie : 2015
  • Site officiel

Derrière des apparences trompeuses (en vue du dessus), Devilian se révèle assez différent des diablo-like précédents et du monster-bashing à outrance. Le gameplay et le rythme des affrontements révèlent, au contraire, un MMO plutôt classique. Esthétiquement le jeu n’est pas trop mal, assez coloré, et les zones variées. On regrettera en revanche le nombre de classes très limité (quatre de base, la cinquième étant payante) – aux genres fixes de surcroît. Le jeu manque également d’un petit je-ne-sais-quoi pour être totalement plaisant à jouer et s’avère un brin générique.

Devilian est-il pay to win ? Non, mais…

L’ensemble fleure un peu trop bon le F2P : objectifs journaliers, bonus de présence, nombreux boosts, inventaire extrêmement limité… On ressent immédiatement une certaine gène. Ce qui obligera quoi qu’il arrive les joueurs souhaitant s’investir de manière normale à dépenser de l’argent. Dans l’ensemble les retours s’accordent néanmoins sur le fait que Devilian « flirte » simplement avec la ligne du pay to win – une ligne qu’il aurait par le passé franchis avant de revenir en arrière (en interdisant l’échange de certaines gemmes rares). Cela étant, les objets essentiels peuvent être acquis en jouant gratuitement.

Avis final : sympa sans plus

 

Armored Warfare

Ayant mis World of Tanks en pause, dû à l’arrivée en masse des vacanciers, je me suis risqué à un de ses concurrents. Point de vue gameplay, on est proche, très proche, donc je ne me suis pas trouvé dépaysé. Point de vue carte, tanks (classes, tiers), équipages et améliorations, en revanche, tout est différent. Il y a des améliorations notables par rapport à World of Tanks, à savoir une vraie introduction au jeu en lieu et place d’un tutoriel de deux minutes un peu crasseux, et un mode JcE, parfait pour se familiariser avec le jeu ou un tank nouvellement acheté. Niveau travers, en revanche, on change rien : zéro coopération, zéro dialogue, au sein d’équipes d’imbéciles heureux qui avancent sans se poser de question. Frustrant. A noter que le jeu est logiquement plus gourmand que son principal concurrent.

Armored Warfare est-il pay to win ? Non.

A priori le free to play n’introduit pas, à l’inverse de World of Tanks, de grosses distorsions. Les tanks premium, sans être mieux que les autres, offrent un matchmaking préférentiel, et il est possible de s’abonner pour progresser plus rapidement. On peut également acheter des skins et des titres, mais pas de munitions ou de consommables premium. Le grind sera donc plus long pour les joueurs qui ne payent pas, mais le jeu ne semble pas ouvertement déséquilibré. Il a en outre le bon goût de prendre en compte les modules de tank dans le matchmaking (de sorte qu’un tank pas encore au maximum de ses capacités ne se retrouve pas contre un qui l’est).

Avis final : pour un jeu qui a moins d’un an, c’est plutôt solide (même si fortement inspiré de la concurrence). La perspective d’avoir un deuxième World of Tanks dans ma vie ne m’enchante en revanche pas du tout.

 

Tera

Tera ferait presque figure d’ancien. Il fut en fait un des premiers « gros » MMORPG à passer en free to play avec succès, en 2013. Ce qui témoigne des qualités intrinsèques au jeu. A commencer par le dynamisme des combats et leur grande fluidité, qui font, encore aujourd’hui, de Tera un jeu extrêmement plaisant à jouer. Ajoutez à ça un large choix de classes (douze) – le ninja étant sorti très récemment – et un contenu conséquent, et vous avez un des meilleures MMORPG free to play à ce jour. A un détail près.

Le grand drame de Tera, c’est la navrante facilité avec laquelle on monte désormais en niveau. Il n’en a pas toujours été ainsi, mais Bluehole Studio a pris la décision, il y a quelques années déjà, de simplifier au maximum le leveling (moins de quêtes, mobs faciles à tuer, plus d’expérience) dans un effort de redynamiser ce processus. Le problème, c’est que la montée en niveau est par là-même devenue complètement sans intérêt. Rendant au passage les donjons – ainsi que les fameux « BAM » (pour Big Ass Monster) – inaptes à proposer le moindre challenge. Ce qui a évidemment un impact sur l’aspect social du jeu, où la coopération n’est désormais plus nécessaire – à l’image du premier donjon, donc, où tout le monde rush sans mot dire. Bref, on est passé d’un jeu à la progression ardue où il était parfois difficile de grouper, à un autre à la progression aisée mais guère satisfaisante.

Tera est-il pay to win ? C’est litigieux

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Gameforge, qui exploite le jeu en Europe, n’a jamais eu très bonne réputation en matière de free to play. Les habituels coupables sont là (banque et emplacements de personnages fortement limitées pour les joueurs gratuits), à l’opposé des bonus substantiels offerts aux membres du club Tera (monture, libre téléportation, potions délivrant des bonus…). Rien qui heurte la progression normale du jeu. Mais certains bonus nettement plus litigieux firent scandale, à l’image de Ghilieglade, un donjon accessible jusqu’à trois fois par jour en payant (contre une par semaine gratuitement), et qui permettait de looter des accélérateurs de combat déments. Comparativement, la gestion de En Masse, aux États-Unis, aurait bien meilleure réputation.

Avis final : probablement un des meilleurs MMORPG F2P disponibles actuellement, si vous pouvez supporter la trivialité des combats à bas niveau.

 

Skyforge

Skyforge est un jeu qui semble sous tous aspects solide. Le gameplay est nerveux (un peu dans l’esprit de Tera), le moteur ambitieux – pour un jeu free to play en particulier –, l’univers futuriste intriguant, les classes nombreuses (douze à ce jour) et intéressantes. Et le tout est optimisé de sorte qu’il tourne bien, si on met de côté quelques bizarreries. Le seul gros problème du jeu, c’est le manque de clarté. En fait, l’ensemble du jeu est incroyablement nébuleux. Le système de leveling (qui repose ici sur un système de sphérier appelé « Atlas »), les différents types de monnaie, les différents types d’étincelles (notamment utile pour progresser sur les atlas), les différents atlas, le prestige (censé représenter le « niveau » du personnage), les réplicateurs, les booster (amélioration de l’équipement), les combos, et j’en passe… Les possibilités sont excitantes, mais l’ensemble est assez confus. A cela s’ajoute le fait qu’au delà des trois classes de base (Paladin, Cryomancien, Lumancien), il faut débloquer les autres une à une en progressant sur l’atlas de manière bien particulière. Ce qui prendrait de une à plusieurs semaines de jeu selon la classe. Skyforge a tout pour être un bon jeu, mais la barrière à l’entrée est assez conséquente. A cela s’ajoute…

Skyforge est-il pay to win ? C’est litigieux

La limite hebdomadaire d’étincelles et de crédits (notamment) appliqué aux joueurs gratuits fait beaucoup jaser. En clair il s’agit d’une restriction qui vient directement limiter la progression. Si cette dernière ne vient pas véritablement heurter la dite progression au début du jeu, le haut niveau, en particulier le PvP, est sujet à de très grosses distorsions. Pourquoi ? Car il est possible de la contourner en payant. L’écart entre ceux qui progressent normalement et ceux qui payent serait à ce point considérable qu’on est bien au delà du traditionnel « payer pour progresser plus rapidement ». Le jeu propose par ailleurs un système d’abonnement premium, pour augmenter les crédits et les étincelles reçues – ce qui ironiquement ne change rien à la limite. Cela étant, différents guides se proposent de tirer partie du système.

Avis final : un jeu qui offre beaucoup de possibilités, plaisant à jouer, en dépit de réserves évidentes

 

HeroWarz

On garde le meilleur pour la fin. HeroWarz (toutattaché) fut vraiment une remarquable surprise. Dès la sélection du personnage en fait, j’ai réalisé à quel point le jeu a de la personnalité, ce qui se confirma très vite, esthétiquement comme musicalement. C’est aussi un jeu qui va droit au cœur du sujet, sans ronds de jambe. Pas de quête à gauche à droite, pas d’univers ouvert, on enchaîne les chapitres de l’histoire en se téléportant de zone à zone. Une histoire, au passage, un peu confuse, mais barré dans le bon sens du terme (on joue un « player »). Mais là ou le jeu prend réellement tout son sens, c’est au cœur du combat, qui donnent lieu à des joutes spectaculaires. A l’image de Derrick, qui se bat à coup de bouclier, attrape les ennemis les vols, s’élèvent dans les cieux et retombe comme un missile, arrache le sol de sous les mobs et leur lance en pleine poire. Jubilatoire. Le plus ? Chaque personnage a des compétences qui leur sont uniques. A l’image de Aya, qui n’utilise que des techniques à base d’eau, ou d’Audrey, fan d’armes à feu. (Illustration en vidéo.)

Herowarz est-il pay to win ? Non.

L’inventaire est conséquent et les emplacements de banque sont achetables avec la monnaie du jeu. La boutique, elle, propose à ce jour un nombre limités d’objets, parmi lesquels des éléments cosmétiques ou purement fonctionnels (tels que des montures). Une interrogation subsiste autour des éléments cosmétiques, car ils confèrent des statistiques, mais pas forcément de manière significative. Il est d’ailleurs possible de récupérer des costumes en jouant gratuitement. Il faudra donc attendre le PvP pour réellement en juger. Le jeu propose également un abonnement VIP qui accélère la progression.

Avis final : un excellent jeu pour ceux qui apprécieront

Nota :

  1. Rider of Icarus aurait du figurer dans cette liste, mais je n’ai malheureusement pas pu m’y essayer, ni à aucun des autres jeux Nexon d’ailleurs. La faute à leur nouveau lanceur, désastreux, qui bloque purement et simplement l’exécution de leur jeux. Dans la mesure ou je n’ai pas rencontré ce problème avec d’autres lanceurs, et que je n’étais pas suffisamment désespéré pour m’entendre dire que cela vient de mon ordinateur, j’ai préféré m’épargner l’étape du support. Une autre fois peut-être.
  2. Je me suis rapidement essayé au tutoriel de MechWarrior, mais la complexité de l’engin m’a quelque peu découragé !