En 2016, mais ça compte quand même, non ? J’ai même fait des catégories et tout.

On n’y coupe pas. Tous les ans, le même défilé de stars, la même consécration des consacrés. Ici et là percent, sur les podiums, des jeux plus atypiques. Façon de rendre hommage aux rares jeux qui osent. Mais un bilan, de manière plus personnelle, ce devrait aussi être l’occasion de revenir non pas seulement sur les jeux sortis dans l’année, mais sur le fruit d’une année de jeu. D’y entrevoir la diversité des trajectoires et des époques. Ayant enfin touché du bout des doigts – ou non – ces références absolues ou ces œuvres admirées parues il y a dix, quinze ou vingt ans. Puiser dans le passé, à l’heure ou chaque année voit une avalanche de jeux débarquer, n’a peut-être jamais été aussi important. Car aller à la source des jeux d’aujourd’hui, qui naturellement s’inspirent des jeux d’hier, c’est gagner en clarté. Et participer jour après jour à se construire une pertinence critique, essentielle au désemmêlement.

Je m’essaye, pour l’occasion, à la catégorisation excessive et un brin insensée. Réunissant des jeux à la pelle non pas par genre, mais par style, et par époque. A l’envie, essentiellement. Vous ne m’en tiendrez pas rigueur. (Je vous autorise en revanche à m’en vouloir pour l’image de garde toute pourrie.)

Catégorie des jeux bizarres :

2015 donna la part belle à l’étrange. L’ambiance de Killer 7 (2005) vient à l’esprit, jeu barré s’il en est mais mécaniquement cohérent. Vient ensuite le cassage de gueule à la sauce western de God Hand (2007), avec ses personnages haut en couleur et l’importante technicité de ses combats. On fera également bonne note de la grandiloquence d’un Asura’s Wrath (2012) parfaitement exagéré, dont l’existence ne fait absolument aucun sens mais qui m’a ravit de son absurdité. Et bien sûr le charmant Tokyo Jungle (2012), autre jeu auquel je peine croire avoir joué, mais qui proposa suffisamment de variété et de challenge pour y rester au chaud.

La bizarrerie prend parfois des formes très différentes. Mais d’entre ces jeux-là, celui qui me sera le souvenir le plus impérissable sera certainement… Tokyo Jungle. Les autres n’en demeurent pas moins marquant, cela dit !

Catégorie vieille école (1994-2003) :

2015 fut sans nul doute l’opportunité d’explorer de plus vieux jeux. De nombreux candidats, donc. Aussi loin que 1994, Super Metroid et Earthbound entament les négociations de bien belle manière. Plus après, dans la même décennie, concourent Suikoden (1997) et Suikoden II (1998 JP/2000), Final Fantasy IV (1991 Snes/2002 PSX) ainsi que Metal Gear Solid (1999). Des jeux très connus pour la plupart, iconiques de la Super Nintendo et de la Playstation.

De ces vieux-là, Super Metroid est indubitablement celui qui m’a le plus frappé. Je l’ai trouvé brillant et ingénieux, encore à ce jour, et soutenu par une ambiance sonore tout aussi remarquable. Metal Gear Solid, de par son unicité et sa personnalité figure en bon second. Le reste des concurrents ne furent pas moins intéressants, mais simplement moins savoureux. Les Suikoden s’avérèrent à différents endroits un peu laborieux (le premier brouillon, les combats du second assez usants). Similairement à Final Fantasy IV, qui souffre un peu de son âge. Earthbound fut dans l’ensemble assez chouette, fait en hommage à Satoru Iwata.

Catégorie des « Hé, je suis pas si vieux, OK ? » (2006-2011) :

Entre « ici » et « là », s’accumulent quantité de jeux « pas si vieux ». Sur DS et PSP, notamment, à travers le stratégique Advance War: Dark Conflict (2008), l’objectionable Phoenix Wright: Ace Attorney: Justice for All (2007), et la star New Super Mario Bros DS (2006). Dans le salon, s’ajoutent à cela des jeux comme inFamous (2009), Bulletstorm (2011) et Uncharted 3 (2011).

Sur portable, mon cœur va à Phoenix Wright: Ace Attorney: Justice for All, parce que Phoenix Wright. On ne le présente plus, même si à ce jour j’ai préféré le premier. Et sur salon (PC, en fait) Bulletstorm parce qu’il était vraiment fun. Uncharted 3 était pas mal, mais bien trop bourrin à mon goût. Je lui ai préféré le deux.

Catégorie des ‘On en parle encore’ :

Pas mal de beau monde ici. Hotline Miami (2012), Brothers (2013), Beyond Two Souls (2013), The Last of Us (2013), Diablo 3 (PC 2012), Batman Arkham Origins (2013), Max Payne 3 (2014), La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor (2014), The Stanley Parable (2013), The Talos Principle (2014).

Des jeux naturellement très différents. Si je devais en retenir certains, ce serait Beyond Two Souls, Batman Arkham Origins et The Talos Principle. Beyond Two Souls, parce que quoi qu’on dise de Quantic Dream (ou de David Cage) ils font des jeux incomparables au reste du marché. Beyond, quand il n’est pas fastidieux ou riche en interactions sans intérêt propose un duo captivant à travers Jodie et Aiden. En plus d’être absolument somptueux. Comme dans le cas des deux épisodes précédents, Batman Arkham Origins m’a beaucoup plût. Planer sur la ville, plongée dans un hiver glacial, à la recherche d’indices ou de personnes à sauver n’a guère d’équivalent. The Talos Principle, enfin, que je nomine autant pour son esthétique lumineuse que pour la qualité de son challenge. Le propos est un rien prétentieux et un peu longuet mais dans l’ensemble ce fut intéressant.

Catégorie des ‘On en parle pas tellement’ :

Transistor (2014), Dungeon of the Endless (2014) et BattleBlock Theater (2013).

J’ai passé un excellent moment avec chacun de ces jeux, je ne me forcerai donc pas à en choisir un plutôt que l’autre. Ils ont tous énormément de personnalité, et ne plairont pas à tout le monde, mais personnellement j’ai été conquis.

Catégorie des sortis en 2015 :

Seuls de 2015 à figurer en 2015 sont le très chouette Life is Strange – qui hérite d’ores et déjà du « titre de l’année », s’il y avait une logique à ça, vu le nombre réduit d’alternatives. Crypt of the NecroDancer, hors des sentiers battus, fut amusant et à la fois un peu trop dur pour la petite nature que je suis. Transformers Devastation, lui, s’avéra trop aisé (ha). Her Story, finalement, pointe son nez un peu tard, mais je dois dire avec force. L’enquête suit son cours.

Mention spécial jeux mignons :

Pikmin (2002) et Tail Concerto (1998) : des jeux qui pansent et qui se suffisent à eux-même, en toute légèreté. Dramatique, au moindre pikmin perdu. Drôle, à force de courir après chats. A manger sans modération.

J’en profite pour vous souhaiter la bonne année. Quelle soit riche en jeux variés, intelligents, ou simplement amusants. Sans oublier la bonne santé, et de riches prises en level !