Des brèves un peu longues, de circonstance néanmoins, pour compenser de mon absence, et dire au revoir à une série toute particulière.

Jeu : Poker Night et Poker Night 2

C’est à l’occasion du semi-récent Humble Bundle que j’ai fait l’acquisition des jeux Telltale que je ne possédais pas jusqu’alors, dont les très intriguants Poker Night at the Inventory et Poker Night 2, qui proposent de faire des parties de poker contre des personnages de jeu. On y trouve notamment le « Heavy » (de Team Fortress 2), Tycho (Penny Arcade) Sam et Max (de… Sam & Max), Claptrap (de Borderlands) ou encore Ash Williams (Evil Dead). Le concept ne paye a priori pas de mine, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être bizarrement fasciné de retrouver des personnages de jeu dans un contexte complètement différent. Un jeu d’argent étant soudainement un environnement plus mature et plus cynique, en un sens, pour ces personnages de jeu habituellement réservés à l’environnement clos de leur univers. Le poker étant ce qu’il est, c’est aussi l’occasion de les voir s’émanciper, frimer, bluffer, rouspéter après les cartes, ou tacler gentiment « le joueur », qui est ici reconnu comme tel. S’il va sans dire que le quatrième mur explose, paradoxalement on s’y croit, parce qu’ici tout est sur la table. On se plaît à récupérer la mise, entre des discussions qui interrogent avec humour les préoccupations voire la nature de nos adversaires. De la source d’énergie qui alimente Claptrap au costume de Sam, tout est couvert. On se plairait presque à s’imaginer jouer au Blackjack contre Tidus et Dante…

Jeu : Final Fantasy XIII-2

Débordé par la qualité plus que passable des dialogues et des personnages, je laissais initialement de côté Final Fantasy XIII-2 après une quinzaine d’heures de jeu à peine. Ce n’est que récemment que je me suis imaginé y revenir. Je demeure assez partagé, sur la « série » Final Fantasy XIII, tout comme sur le projet Fabula Nova Crystallis. D’une : le jeu Final Fantasy XIII, sensé poser les bases de l’univers, ne m’a pas vraiment parlé. Je l’ai trouvé confus et mal amené. Plus grave encore, dans un RPG : j’ai trouvé ses personnages dénués d’épaisseur. De deux : spécifiquement à Final Fantasy XIII-2, le concept initialement très flou et l’histoire un peu tirée par les cheveux de heurtent réellement l’immersion. En plus de disséminer les têtes à claque habituelles (au moins certains personnages ne figurent plus au tableau…). Cela étant, maintenant que l’histoire fait un peu plus de sens (il aura fallu trente heures quand même), et que l’univers de fond commence à prendre forme (en lien avec les événement du jeu précédent), je lui reconnais une certaine ambition, certes un rien maladroite. Je prends même un certain plaisir à visiter les différentes époques, à l’image d’un voyageur du temps intrigué d’y observer des nuances, d’y reconstituer les événements importants, et d’y trouver des fragments (collectionner les fragments étant un objectif ambitieux mais aussi un très bon prétexte à l’exploration). C’est, en somme, à travers la libre odyssée que Final Fantasy XIII-2 semble prendre forme. (Ce que Final Fantasy XIII fut incapable de proposer.)

Série : The Good Wife (fin)

Puisque je n’en ai jamais parlé ici, The Good Wife, qui vient de se terminer au travers d’une septième saison contrastée, méritait mention. Ce fut un voyage, de suivre les aventures de Alicia. De découvrir la série, tout d’abord, dont je garde des souvenirs mémorables. Comment seulement la résumer. Sinon en disant que j’ai beaucoup ris, beaucoup vibré, au rythme endiablé de sa trame, de ses affaires. The Good Wife ce fut, et c’est, bien sûr, « une série d’avocats », logiquement bardée de plaintes et d’objections. Mais c’est aussi une série intelligente, ambitieuse, plongée dans le réel, et dont elle tire son inspiration. De l’invasion de la technologie et des problématiques qu’elle soulève : NSA, lanceurs d’alerte, Bitcoin, Google (« Chumhum »), Anonymous, Reddit (« Scabbit ») ; aux divers « scandales » et sujets chauds des sociétés d’aujourd’hui : campagnes politiques, corruption, drogue, contrôle des armes, avortement, mariage pour les homosexuels… The Good Wife, c’est aussi une tripotée d’acteurs absolument remarquables, de Julianna Margulies (Alicia) à Christine Baranski (Diane), en passant par Josh Charles (Will Gardner), Michael J. Fox (le fascinant Louis Canning), Alan Cumming (Eli) et tant d’autres qui participent à créer des échangeables remarquables. C’est encore plus certainement l’histoire d’une femme brisée qui se relève, reprend une carrière, évolue, et se découvre des ambitions ; d’une femme « vraie », surtout, qui s’accepte peu à peu et n’est pas désespérément là pour plaire aux spectateurs, mais qui au contraire interroge son genre et sa relation aux autres. Qui prend par ailleurs plaisir, à travers des scènes de sexe non pas forcément explicites, mais audacieuses pour un personnage télé d’une quarantaine d’années.

La dernière saison, en particulier, peine il est vrai à soutenir la comparaison. Puisqu’elle écarte trop souvent des personnages iconiques, et cherche à faire trop de choses à la fois. Vent de panique chez les scénaristes, qui se rattrape in extremis en faisant dans le référentiel, tel qu’à travers l’épisode final. On sentait la série à bout de course, mais elle n’en demeure pas moins un bijou en matière de rythme, de fraîcheur, de protagonistes et d’humour y compris (un tabou, en matière de télévision et de cinématographie, très formatée, avec ses séries et ses films humoristiques, dramatiques, action, etc.). Une rare et prestigieuse création – sept saisons de plus de vingt épisodes – pour des chaînes télé devenues hésitantes à financer pareil projet et des acteurs à bout de souffle. Une qui me manquera fort justement, d’ici à ce qu’un éventuel spin off nous console quelque peu.