Impressions

S’avouer vaincu (Yggdra Union)

Yggdra Union

Ou l’on signifiera, sans regrets, pourquoi y avoir joué, et pourquoi l’avoir abandonné.

J’acquérais Yggdra Union un été de 2011, sous le joug de la réputation de son homologue GBA. Je ne connaissais pas bien le jeu, mais cela ne constitua pas, dans l’immédiat d’alors, un frein à mon intérêt, dans la mesure ou je procède souvent ainsi. Il était venu accompagné (Jeanne d’Arc) mais c’est sur lui que je jetais en premier mon dévolu. J’espérais, un peu naïvement, le faire rapidement pour enchaîner sur un autre jeu. J’avais en effet la PSP depuis peu de temps, et n’avais pas attendu avant d’explorer les nombreux jeux n’ayant jamais franchi l’Atlantique.

 

Je me trouvais avoir une expérience assez particulière avec Yggdra Union. Les dix premières heures me contentèrent sans idylle. J’évitais de me désarçonner à la vue du chara-design très particulier, conscient que ce dernier est souvent l’arbre qui cache la forêt. Et effectivement, les combats ne me déçurent pas. Je me sentais néanmoins, un peu malgré moi, m’éloigner du jeu, et l’abandonnais peu avant la marque des quinze heures.

Il faut savoir, à partir de là, que je joue assez peu sur portable. Je n’utilise pas de transports en commun justifiant l’accaparement et, sauf jeu exceptionnel, l’expérience est rarement la même que sur console de salon. Il n’y eu guère que l’envoûtant Radiant Historia, en 2011 aussi, pour me faire revoir mes positions. Si bien que les rares pensées pour la PSP trouvaient leur équivalence pour Yggdra Union, et je m’empêchais d’envisager d’autres jeux, s’il devait se trouver l’envie de l’allumer.

J’essayais – je cédais – vaguement, en deux occasions très peu significatives, puis une autre, la dernière d’entre-elles, pendant le début de l’été 2012. J’accrochais, à nouveau. Je redécouvrais même, bien après mes débuts, ce qui m’avait fait jouer au titre en premier lieu. Dans cet instant fugace, j’aimais à nouveau Yggdra Union, aux endroits où il faut l’aimer, c’est à dire en mettant de côté – ce crève cœur – les personnages et le scénario. Dans une folle pensée, je m’imaginais le finir, je me disais que ça y était, parce qu’aimer un jeu c’est encore la meilleure manière de le traverser de part en part. Mais, à force de jouer, j’eus cette curieuse impression de ne pas avancer ; et la bulle faiblissait. Alors je trichais. Un peu, tout d’abord, en regardant des vidéos des missions que je sentais vouloir s’éterniser. Et davantage : je regardais le nombre de missions total. Devant le nombre, un court sentiment de révolte m’emplit. Je constatais que j’arrivais à peine à la moitié, ce qui représentait tout de même un peu moins de trente heures. C’est là que je compris que je n’y arriverais pas. J’y jouais, une dernière fois, mais le cœur n’y était plus. Je me sentais si loin. Alors pour la première fois je l’acceptais, j’embrassais le fait qu’il fallait qu’on se quitte. Je le retirais de ma PSP une dernière fois et le replaçait dans sa boite. C’était un au revoir comme un autre ; j’étais libre.

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