Il n’y a rien de bref dans le jeu vidéo. Pour une aventure lancée, une autre se termine. L’omniprésence des jeux vidéo au long cours, qu’on se réjouit de retrouver au cours d’un énième rendez-vous, les mue, sûrement, en compagnon de route, en barque tranquille, en tâche de fond – active le temps d’y jouer seulement. Des qui s’imposent comme autant de songes lorsqu’ils sont éteints, charmé par le prospect de s’y retrouver à nouveau ; d’y faire, d’y ressentir ou d’y voir. Aux jeux vidéo, l’ennui même appartient.

Jeu – Rogue Legacy :

Vous avez sûrement déjà tout lu sur ce jeu sorti il y a trois ans déjà. Jusque-là je n’en avais vu que quelques extraits, il y a deux ans au moins. Je n’étais donc pas certain qu’il me conviendrait. Mais un des intérêts à acheter ses jeux un moment après leur sortie, à prix parfois dérisoire, c’est qu’il est dès lors nettement plus acceptable de prendre un risque. Il s’avère que le jeu m’a plût, une once de plus même que ce que j’avais anticipé. Réalisant toutefois qu’il put tout à fait en être autrement.

A tout prendre Rogue Legacy possède une évidence qui lui sied bien. Tout est pour ainsi dire sur la table. Votre personnage évolue dans le château, tue des monstres, récolte de l’or. Il meurt – inéluctablement – et laisse place à trois héritiers. Vous en choisissez un, dépensez l’héritage, puis courrez de même à votre perte, et ainsi de suite. Les seuls éléments à perdurer étant votre manoir et votre équipement. Une rengaine un brin curieuse, au moins au départ – car non, une fois à l’intérieur, vous ne pouvez en effet pas quitter le donjon – à laquelle j’ai finalement souscris. Ce qui revient un peu à jeter pierre après pierre sur la surface d’un lac en espérant faire mieux que la fois précédente.

Mais très tôt, dès le début en fait, je me suis frotté à un certain nombre d’impondérables. A commencer par la courbe de difficulté. De courbe, en fait, il n’y en a pas. Rogue Legacy opère par plateau (chaque zone servant de nouveau plateau) ; commencer le jeu revient en ce sens à se prendre le premier plateau dans les gencives. Le bref tutorial n’y fait rien : perdre son premier personnage en l’espace de quelques minutes n’est pas accueillant. Il faut un certain temps, en fait, et des morts répétées, pour prendre le jeu en main et accumuler suffisamment d’or pour améliorer ses statistiques. Ce qui soulève un autre « problème », à moyen terme : l’or restant, après dépenses, se voit enlevé par Charon à l’entrée du donjon. Il est donc indispensable d’avoir un certain niveau de réussite (aka d’or récolté) en une session. Les moins adeptes ou les moins persévérants risquent dès lors de rencontrer des difficultés pour améliorer leur manoir. Dernier aspect : le jeu est très répétitif. La génération aléatoire des niveaux n’y change rien, il faut en passer par farmer les zones pour récupérer de l’or, mourir pour le dépenser, farmer à nouveau, etc. En priant à chaque fois avoir un « bon » héritier parmi les trois au choix.

Bref, Rogue Legacy n’est pas pour tout le monde. En plus de souffrir de gros problèmes d’accessibilité, le jeu peut s’avérer frustrant et manquer de variété. Ce qui dérangera à peine les plus motivés.

(En aurais-je inopinément écrit un test ?)

Série – True Detective S02 :

Cette seconde saison fut un drôle d’objet. Disons le immédiatement : beaucoup de personne ont adoré la première saison, mais en ce qui me concerne je l’ai tout juste appréciée. Pour des raisons dont je ne suis pas sûr de me rappeler. Heureusement, je crois aux secondes chances. Et je pense pouvoir dire que celle-ci m’a plût davantage. Sombre, viscérale, suspendue à un meurtre que personne ne comprend et dotée de personnages intéressants. Mais également clichée (la fin~) et extrêmement confuse. Cela dit, j’ai trouvé que les épisodes étaient bien dosés, et c’est un aspect qui m’a emballé.

Série – The Affair S02 :

Une autre seconde saison incertaine. Un autre choix satisfaisant. Cette fois le schéma Noah/Allison se voit élargi grâce à l’addition de Helen et Cole, les autres deux protagonistes de cette fameuse affaire. L’histoire évoluant davantage autour de l’apaisement et de la reconstruction, mais avec son lot d’incertain. Il m’a semblé que cette fois le scénario cherchait moins systématiquement à raconter le même arc en changeant le point de vue, ce qui était le gimmick de la saison 1, mais au contraire en prit plus souvent la suite. A raison, cela dynamisant de beaucoup l’avancée de l’histoire.