Cela fait un an, jour pour jour, que j’ai débuté l’écriture de cette chronique. Écrire ces textes, une année durant, s’est révélé intéressant. L’idée, alors toute simple, des 17, était de stimuler l’écriture par la contrainte en installant un rythme d’écriture. Ce qui s’avéra à la fois très simple – n’ayant pas d’autres contrainte que le jour de publication, et très compliqué – de tels écarts entre deux textes pouvant heurter, paradoxalement, l’organisation et la stimulation de l’écrit. Pourtant, le 17 est vite devenu un jour clé, y compris à la maison. Je me suis vu, chaque mois, entrevoir cette nécessaire rencontre avec moi-même. Qu’allais-je bien pouvoir raconter ? A quoi avais-joué ? Que dire de plus que je n’avais déjà dit au fil des ans ?

L’écriture de ces douze 17 a rapidement révélé l’étendue des sujets qui peuvent traverser une personne sur une si longue période de temps. En un an, j’ai été en proie à des souvenirs d’enfance, à la persévérance, au manque et à une certaine idée de la sagesse. J’ai entrevu des choses meilleures. J’ai construit des maisons de rien du tout, acheté des vieux trucs. L’été venu, je me suis imaginé en touriste. A la rentrée, j’ai songé acquérir une nouvelle console. En octobre, patatra : je loupai le coche du 17. C’est qu’il y a une vie en plus. Enfin, le bout de l’année approchant, je parlais fin, justement. Au sortir de tout cela : des états d’esprit différents, de mois en mois, et parfois beaucoup (trop) d’improvisation.

L’immuable a ce joli don de rester de la sorte. Qu’importe, finalement, les changements, au fil de l’année ou au fil des ans, écrire perdure. Un exercice certes parfois délicat mais qui permet à la simplicité et la spontanéité de l’expression de subsister. A côté de ça, d’autres formes de média, vidéo ou audio, nécessitent en effet plus de temps, et plus de compétence technique. Il n’y a, de ce point de vue, guère plus simple que d’écrire des petits textes sur un site. Leur portée se veut réduite, comparé à des moyens d’expression plus en vogue. Cela étant, à l’heure ou l’idée même de formuler un avis sur un réseau menace de l’exposer à l’opposition des genres et à l’indignation des foules, juste parler se veut réconfortant. En cela, je persiste.

Ce qui nous amène à ce 17 janvier. J’ai pu profiter des vacances d’hiver pour terminer l’interminable Yakuza 4, qui me fut néanmoins agréable ; solutionner l’indéchiffrable Hollow Knight ; explorer Cyberpunk 2077, qui derrière un esthétique captivante cache une abondance un peu rasoir. J’ai perdu internet pendant au moins deux semaines. Tout va bien : on l’a retrouvé. En revanche, Metro Exodus, qui nécessite une connexion permanente, est resté en bout de corde. Bref : je joue à des machins. Parfois même j’en cause. Tous les 17 du mois.